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Assises de la pêche
Lorient - 20 & 21 juin 2024

Un consensus politiquement correct déconnecté de la base

A l'occasion de ce rendez-vous annuel des acteurs de la filière pêche, un certain nombre d'incontournables semblent politiquement écartés des débats : éolien, chalutage, pressions diverses pesant sur la filière notamment au niveau environnemental...

Sans surprise, le programme reste sur les sentiers battus du politiquement correct et de la doxa environnementaliste. 

Le "thon" est donné dès le mot d'accueil des élus bretons. Représentant d'une grande région traditionnellement liée à la pêche, le président du Conseil Régional de Bretagne a semble-t-il vu cet auditoire comme une tribune sur les enjeux électorale avec une longue digression sur les enjeux des prochaines élections législatives. 

Au-delà de sa position électoraliste qu'on pourrait attribuer à un élan démocratique, il est regrettable voire inquiétant d'entendre un élu à la tête d'une région historiquement liée à la pêche prôner le modèle des parcs naturels marins (PNM) comme modèle de gestion de la mer. M. Chesnais-Girard imagine l'avenir de la Bretagne comme un vaste PNM, après avoir créé une autoroute pour l'implantation des parcs éoliens en mer en Bretagne. Certes il récuse les zones d'exclusion des activités humaines en mer, mais il offre une entrée aux ONG environnementalistes dans la gestion des droits de pêche et des usages maritimes. 

L'intervention de M. Loher, maire de Lorient, n'était qu'un vaste plaidoyer pro-Europe. Encore une fois, des considérations politiques qui n'avaient pas leur place dans ce débat et relevaient plus d'un contexte électoral que d'une discussion sur la pêche. A l'exception de l'annonce de grands travaux de rénovation du port de Lorient, il est cependant intéressant de relever sa critique de la gestion technocratique des dossiers. 

Sur ce point, on ne peut qu'abonder dans leur sens. Les dossiers administratifs, demandes de subvention, etc. restent beaucoup trop complexes pour être accessibles au pêcheur moyen. Le pêcheur artisan en nom propre s'en trouve quasi-exclus s'il ne trouve pas un soutien administratif. 

Enfin Maël De Calan a également abondé dans le discours pro-européen qui n'avait pas plus sa place que celui de ses collègues en campagne électorale. Il suit aussi la doxa environnementaliste favorable à la remotorisation de la pêche. Très bel engagement sur le papier ! Très difficile, voire impossible, à mettre en oeuvre dans l'état actuel des technologies et des pratiques des métiers de la pêche (sans discrimination de notre côté!). 

Toutefois on ne peut que se joindre à lui quand il avoue : "je pleure quand je vois que la pêche est le seul domaine qui investit des millions d'euros d'argent public pour casser l'outil industriel." quand les autres filières font l'inverse. Si les plans de casse peuvent apparaître comme une solution à court terme pour des pêcheurs écoeurés fatigués de se battre contre des moulins à vent, cela ne peut être une solution pérenne pour la filière. L'avenir de la pêche doit se préparer aujourd'hui. Nous devons agir collectivement pour défendre et promouvoir la pérennité de la pêche artisanale. La pêche professionnelle a consenti à beaucoup d'adaptations de ses usages pour devenir constamment plus vertueuse. Il est essentiel de relayer ses efforts et ses bonnes pratiques auprès du grand public qui ne doit pas entendre que le son de cloche environnementaliste porté par les diverses ONG. Consensus ou déconnexion de certains élus invités à la tribune avec la base? 

Stop au chalut bashing !

Encore un coup de gueule contre les attaques incessantes et disproportionnées contre le chalutage !

Dans son intervention (vidéo ci-dessous), Didier Gascuel, professeur en écologie marine à l'Institut Agro de Rennes, appelle clairement à la "déchalutisation" de la flottille de pêche française. Suivant l'idéologie en vogue, lui comme beaucoup, jette en pâture les chalutiers aux écolos-bien pensants, sacrifiés sur l'autel de la transition énergétique et de la pêche dite durable. 

Arrêtons de stigmatiser les chalutiers ! La pêche ne vaut que par sa diversité. La disparition du chalutage génèrerait des problématiques de gestion de l'espace pour les autres métiers en raison du report de l'activité de ces professionnels sur d'autres métiers, mais aussi cela causerait un réel manque à gagner et un manque d'approvisionnement. Moins de production française impliquerait plus d'importation, sans garantie de traçabilité ni de l'emploi de méthodes de pêche responsable et cela réduirait encore l'indépendance alimentaire de la France. 

Ecoutez et jugez vous-mêmes de son intervention : 

Le bilan de la CNDP 
par Eric Banel 

Pilier des échanges, l'intervention d'Eric Banel a balayé un certain nombre de thématiques. 

Revenant sur les échanges de la matinée et la consommation de poisson, il souligne fort justement le problème de notoriété du poisson issu des pêches françaises. Les espèces les plus consommées étant le saumon, le thon, le cabillaud et la crevette. Il affiche la volonté de l'administration de valoriser les labels garantissant origine et traçabilité du poisson issu de la pêche française. Pour autant peut-être faudrait-il aussi se pencher sur la valorisation de la pêche artisanale à échelle humaine, tous métiers confondus en dissociant des labels du type MSC ou FFP, dont les critères s'appliquent à des acteurs plus ou moins vertueux. 

Quand on aborde le bilan de la CNDP c'est là que le bas blesse. Si Eric Banel joue le jeu qu'on attend d'un administratif défendant l'interprétation du débat public portée par l'Etat via la CNDP, il est regrettable qu'il n'en pointe pas les écueils. 

Ce simulacre de démocratie mis en scène pour la promotion de l'éolien ne saurait aboutir à un résultat concluant. Balayés d'un revers de main, les oppositions soulevées par une partie des pêcheurs se trouvent relayées dans la catégorie des insatisfaits qui ne se préoccupent que des impacts pour leur filière. 

Mais ne nous inquiétons pas, ces impacts seront pris en compte dans la concertation à venir, qui sera organisée avec les comités, les OP... étonnant que les OP, responsable de la gestion de certains quotas se voient consultées pour la programmation de l'implantation des nombreux parcs éoliens off shore prévus par l'Etat, alors même que la base des pêcheurs, directement impactés, se voie mécaniquement exclus de ces échanges. 

Rendez-vous donc fin septembre pour la position de l'administration sur la restitution très certainement consensuelle de "la mer en débat", par la CNDP... et à l'été 2025 pour une cartographie des projets envisagés, si aucun changement n'intervient d'ici là. 

Mise à jour 26 juin 2024 : lien du compte rendu de la CNDP

Le déni d'une filière 

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